Des avantages du job d’été

Quand vient l’été, faut-il choisir de travailler ou obtenir directement de l’argent de poche des parents ? La directrice du développement chez Jobmania, Jennifer Vigneron, livre ses conclusions dans une interview accordée au site Atlantico.
Nous vous dévoilons l’échange.

« Atlantico : Pendant les grandes vacances, les jeunes qui en ont les moyens peuvent consacrer leurs vacances à leur passion, en partant surfer à l’autre bout du monde par exemple, ou s’engager en tant que bénévoles pour une cause qui leur tient à cœur. Mais certains préfèrent prendre un petit job pour l’été. Quel est l’intérêt de ce dernier choix, même lorsqu’on n’a pas spécialement besoin d’argent ? En quoi peut-il se révéler plus enrichissant et constructif pour l’avenir ?

Jennifer VigneronJennifer Vigneron : Il est vrai que beaucoup d’étudiants choisissent de faire un job d’été pour gagner de l’argent, que ce soit pour financer leurs études ou leurs sorties mais ce n’est pas le seul objectif.

Il peut s’agir de faire ses premiers pas dans le monde professionnel, de se confronter à la réalité lors de nos premiers jobs d’été, parfois de définir son projet professionnel. Cela a été mon cas.

On peut aussi étoffer son CV, que ce soit dans la continuité du parcours ou de sa formation, ou non. Un job d’été peut permettre d’effectuer un séjour dans une autre culture ou dans un autre pays pour apprendre la langue.

A: Quels sont les critères sur lesquels devraient se fonder le choix d’un job d’été ?

Jennifer Vigneron  : Ces critères vont être très différents en fonction de ce que l’on recherche. Si l’objectif est de gagner de l’argent, ce qui est le cas pour une grosse majorité des étudiants, certains postes vont plus répondre à ce critère-là :

– Des postes avec des horaires différents ou difficiles (soirée, nuit etc…) comme dans l’hôtellerie ou la restauration rapide vont être mieux rémunérés.

– Les postes liées à la commission, comme le telemarketing qui recrute pas mal,

– Les métiers de la vente qui rémunèrent à la commission pendant les soldes.

Encore une fois, ces critères vont dépendre des étudiants. Par exemple, ceux qui maîtrisent une langue étrangère, qui ont une formation type BAFA, un brevet de natation vont être mieux mis en valeur et mieux rémunérés car ils ont des compétences supplémentaires pour des postes d’animateurs dans des centres de vacances à l’étranger ou dans des postes d’hôte/sse d’accueil.

La localisation est très importante également, en particulier pour les frais de transport ou de logements. Si on est plus centré sur l’aspect découverte du monde professionnel, l’objectif sera de chercher le domaine qui nous intéresse et l’expérience qu’on pourra tirer pour son CV. S’il s’agit de ce dernier point, ce que nous conseillons aux étudiants, c’est de bien réfléchir à leur projet professionnel, à leur parcours, à leur formation puisqu’un job d’été peut permettre d’étoffer un CV mais également de faire des choix. Un job d’été peut nous donner la possibilité de découvrir quelque chose et de voir si cela nous intéresse ou non.

Ces critères sont à définir en fonction de ce que l’on attend d’un job.

A : Dans quelle mesure est-il préférable de travailler dans un domaine qui correspond à son domaine de compétence présent ou futur, ou au contraire, de se confronter à un environnement qu’on ne connaît pas forcément ? Pourquoi ?

Jennifer Vigneron : Rares sont les étudiants qui trouvent un job d’été s’inscrivant dans la continuité de leurs études. Pour trouver un job dans la filière qui nous intéresse, il s’agira d’un choix plus ciblé des entreprises. Soit on cible une entreprise, soit on cible un poste. C’est quelque chose auquel les étudiants ne pensent pas forcément, mais ce n’est pas le même job parce que l’on n’a pas encore la formation pour le faire, par contre on peut cibler une entreprise qui peut s’avérer intéressante pour un stage.

Un séjour à l’étranger peut permettre de développer son niveau d’anglais même si on est dans une formation d’ingénieur par exemple. Un job, quel qu’il soit et peu importe son lien avec notre projet est toujours un atout pour développer une compétence. Bien sûr certaines filières recrutent d’avantage selon l’époque de l’année, comme le secteur agricole avec la cueillette. Pour ceux qui ont la chance de vivre près des côtes, il peut y avoir des postes liés à l’hôtellerie, la restauration, plagistes etc… Il y a aussi les filières liées à l’animation, à la garde d’enfants si on possède le BAFA. Ce que l’on remarque, c’est que les entreprises, généralement de la restauration ou de la garde d’enfants, vont privilégier les étudiants à la recherche d’un job étudiant, en parallèle de leurs études, qui peut très bien débuter durant un job d’été. Cela leur permet de trouver un travail de ce type plus facilement. On peut aussi envisager, en particulier pour ceux qui effectuent leur premier job d’été, de se lancer dans des études liées à ce premier travail.

A : Quels sont les éventuels risques liés à un choix de job d’été pas forcément en lien avec notre expérience ? Un job d’été qu’on pourrait considérer comme « peu valorisant » peut-il tirer vers le bas une candidature pour une grande école si l’on ne possède que cette expérience par exemple ?

Jennifer Vigneron : Tout dépend de la façon dont on valorise ces missions-là.

Si on prend l’exemple d’éboueur ou d’autres petits boulots qu’on a effectué plus pour gagner de l’argent que par intérêt pour le métier, cela attire l’oeil d’un recruteur, surtout si on a peu d’expériences. Quand son expérience devient un peu plus conséquente, on va pouvoir garder les expériences plus significatives mais lorsque que l’on ne possède que l’expérience d’un job d’été, l’important est de savoir la valoriser.

Dans le cas d’un poste d’éboueur, cela montre que l’étudiant a fait preuve de débrouillardise ou d’investissement. Du point de vue du recruteur, on peut voir, ne serait-ce que pour un poste d’éboueur, comment le candidat a mis les pieds dans une entreprise, a suivi ses codes, ses règles, s’il a pris des responsabilités ou s’il a fait preuve d’endurance ou de dynamisme. Chaque école va rechercher des valeurs, des compétences et un certain savoir-être. Ce qui est très important lorsqu’il s’agit de différencier deux étudiants ne possédant que très peu d’expérience dans leur CV, c’est de mettre en avant le savoir-être, l’expression orale, la motivation, l’endurance, le sens du contact. Ce sont des choses à mettre en avant même si l’on a l’expérience d’un job d’été.

Jobmania fait également du coaching de CV pour les étudiants, et ce qu’on leur dit très souvent, c’est que même dans les secteurs de la restauration, de la prospection ou des cours particuliers, il faut mettre en avant des résultats. Lorsque l’on a donné des cours particuliers à un jeune, on va pouvoir dire qu’on l’a fait évolué. Dans la prospection, on va parler d’un objectif de nombre d’appels, du résultat qu’on a obtenu. Si on a été éboueur ou plongeur dans un restaurant, l’objectif est de montrer son évolution au sein de l’entreprise. “J’ai commencé par la plonge, mais comme le travail se passait bien, on m’a laissé la main sur le service, puis sur le bar etc.” Cela prouve que l’entreprise a fait confiance à l’étudiant. Aucune expérience ne doit être rayée d’un CV, sauf lorsque l’on commence à avoir beaucoup d’expériences marquantes et plus significatives pour son objectif professionnel.

Egalement interviewée, Carole Avelines qui travaille chez StudentJob France à Amsterdam. Retrouvez l’intégralité de l’interview sur le site d’Atlantico.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *